Un chimiquier battant pavillon maltais et soupçonné d'être à l'origine du naufrage d'un bateau de pêche au large de Cherbourg, jeudi, a été dérouté jusqu'au port de Dunkerque (Nord), a annoncé vendredi la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord.

Cinq marins sont toujours portés disparus, seul un membre de l'équipage a été secouru. Il a été entendu par les enquêteurs.

Le Sichem Pandora, qui compte quinze membres d'équipage, est retenu à quai à Dunkerque depuis vendredi matin sur instruction du procureur de la République de Cherbourg (Manche).

Il venait de Sfax, en Tunisie, et se rendait à Vlissingen, aux Pays-Bas. Il s'agit pour les enquêteurs "d'auditionner son capitaine sur ce qu'il aurait pu observer sur la zone présumée du naufrage lors de son transit", a indiqué la préfecture maritime dans un communiqué.

De source proche de l'enquête, on indique que la gendarmerie "travaille dans le sens d'une collision" entre le chalutier français dont de nombreux débris ont été retrouvés et un navire.

Le ministre des Transports, Dominique Perben, s'est déclaré optimiste sur un dénouement "très rapide" des investigations en cours.

"Une douzaine de bateaux, dont un chimiquier et un pétrolier, qui semblent présenter des traces de collision, font actuellement l'objet d'une enquête", a-t-il déclaré à Lyon où il faisait campagne pour les municipales de 2007.

Le ministre de la Pêche, Dominique Bussereau, s'est pour sa part rendu vendredi après-midi à Cherbourg.

Les recherches pour retrouver les cinq marins disparus rescapés ont repris dans la matinée dans la Manche. "Avec une eau de mer à la température de 11°C, les chances de retrouver en vie les cinq personnes disparues sont maintenant minimes", dit-on à la préfecture maritime de Cherbourg.

Outre les moyens déjà déployés par la marine nationale, un chasseur de mines, "la Croix du Sud", est désormais sur zone pour fouiller les fonds marins.

Deux enquêtes ont été ouvertes, l'une a été confiée par le procureur de la République de Cherbourg à la gendarmerie maritime. L'autre est menée par le bureau "enquêtes-accidents-mer" du ministère des Transports.

